La Genèse sous un tout autre angle. Une version mieux adaptée écrite par Origène d’Alexandrie, (185-254), significative cette fois comparativement à la version déformée de Luc Ferry, pour les besoins de son précédent pitch. Cette version devrait faciliter l’entendement :

« maintenant, quelle personne intelligente croirait que le 1er, le 2ème et le 3ème jour ont eu lieu sans soleil, sans lune ou sans étoiles, et le 1er jour comme s’il était sans ciel ? Qui pourrait être aussi enfantin pour croire que Dieu était comme un gardien humain qui planta un paradis en Eden face à l’Est, et y fit un arbre visible réel, et qu’on pouvait acquérir la vie éternelle en mangeant son fruit avec de vraies dents, ou encore, participer au bien et au mal en mangeant le fruit d’un autre arbre ».

La version d’Origène d’Alexandrie n’éclaire-t-elle pas le chemin, même si nous ne comprenons pas tout ?
Maintenant, et sur un autre registre parlons un peu du paléoanthropologue Pascal Lepicq. Ce dernier n’est pas en reste d’humour durant ses conférences très instructives. On doit reconnaître que ces penseurs comme Luc Ferry ont le bagage intellectuel pour s’affirmer dans leurs travaux. Ils peuvent relever fortuitement parfois des anomalies dans les textes Bibliques donnant ainsi du poids à leurs idées vulgarisatrices. Par exemple argumenter grâce à des personnages célèbres non dépourvu d’entendement Spirituel. L’Église a toujours excellée dans ce sens. Mais ces gens habiles et lettrés à l’esprit cartésien, exercé à réciter ce qu’ils ont appris par cœur, n’ont pas forcément l’entendement justement pour sonder des domaines où le rationnel atteint ses limites. Tout ces gens sont cultivés, c’est incontestable.

Ils sont professeurs, conférenciers, philosophes, biologistes, métaphysiciens, et même, ancien (ex) ministre de la jeunesse. Mais, ils demeurent dans une logique implacable, dont le résultat final, dépend de déductions s’appuyant toutes sur des faits et des preuves concrètes. De fait, ils ont du mal à déceler dans les écrits ésotériques comme certains des textes de la Genèse, des indices révélateurs. De même, ces savants sont étrangers à un symbolisme dont ils ignorent tout.

Comment pourraient-ils extraire un sens plausible d’une réalité abstraite ? En effet, concrètement, comment pourrions-nous envisager les desseins de la Terre dans les archétypes d’un démiurge ? Comment la planète Terre aurait été prédestinée à devenir le réceptacle d’une vie matérialisée ? Dire que les prémices pour répondre à ces questions seraient contenues dans la Genèse avec tous les détails. Mais pour traduire ces informations en langage simple faudrait-il encore songer à effectuer une transposition nécessaire afin d’entrevoir ladite possible matérialisation ?

Mais comment la Création de Dieu – qui est avant tout Esprit – est-elle devenue matérialisable donc solide ? Pourtant tout à une cause ? On ne peut pas nier cette évidence ? Il y a donc, une cause pour que la Création et celle de l’Homme soit apparue à l’état matériel ? Oui, une cause. Mais une cause non matérielle.

Pour ce qui est de la formation de la Terre, la Science l’explique pleinement. Elle a sans doute raison. Mais sans accréditer de tout, en effet, on peut lui donner raison : Dieu n’a pas créé la Terre, pas plus qu’Il n’a créé l’Homme au sens biologique. Dieu est un Pure-Esprit. Son infinité dépasse l’entendement humain. Pourtant, l’une et l’autre de ces créations sont les créations d’un Créateur ou d’une Cause dont on ignore tout.

Créationnisme rime avec Cartésianisme

Pour beaucoup de créationnistes, les réponses sont déjà dans la Genèse. Pour une fois, ils seraient dans le vrai. Cependant, tant que la Genèse sera prise au sens littéral, la Création reflétera peut-être le semblant d’une réalité, principalement pour les non-cartésiens, voire les illuminés, mais cette création demeurera surtout totalement improbable pour le plus grand nombre. Une Création utopique en somme. Utopique peut-être ? Mais, non abstraite ! Alors, pour parer aux lacunes, et à ce qui dépasse l’Homme, à notre époque, on clabaude, on ironise, on critique. Mais on demeure des ignorants devant les récits de la Genèse, impuissants pour les interpréter. Et, de même, concernant la nature de l’Homme et de la Femme dans leur ensemble. « Esprit et Matière » ne faisant qu’un. L’esprit et le corps. L’un en correspondance avec le Ciel, l’autre avec la Terre. Ainsi, tant que l’on ne parviendra pas à différencier l’esprit du corps, sans les diviser, on ne saisira pas la nuance. Alors, on continuera à expliquer l’Homme et la Femme dans leur entièreté sur un seul plan. Celui de notre appartenance terrestre. Mais, sans se soucier de la partie esprit – non-neuronale – correspondant à un plan hors de la matière et rejoignant selon la destinée un état supérieur voisinant avec le divin.

Voilà, comment pourrait-on résumer la quête du monde moderne à la recherche du « comment » de la création de l’homme et de la femme. Sans Dieu.

Or, posons-nous cette question : Si l’on rejette l’idée du Dieu Créateur, ne rejetons-nous pas, de la même manière, l’idée d’une Cause-Première ? Tout à une Cause ?

Ah ! Combien tout cela dépasse l’Entendement !

Mais pis encore le cartésien. En effet, l’esprit cartésien a ses atouts et ses limites et cela vaut pour les pères de l’Église catholique également. Mais que l’on approuve ou non les récits de la Genèse, l’individu à tendance cartésienne demeure le plus hermétique à toutes formes de pensées et d’idées irrationnelles, puisqu’elles dépassent le cadre de sa vision matérialiste. À dire vrai, ce n’est pas une critique. C’est une constatation.

L’individu à l’esprit cartésien est privé d’un moyen qui lui permettrait une élévation de l’esprit pour appréhender d’autres réalités que la sienne. Alors, de là, à interpréter la Genèse ! Qui plus est, son origine serait abstraite ! En somme, un monde immatériel ! Certes, mais avant que « Dieu » ne rectifie le sort de l’Homme et de la Femme, responsables tous deux d’une incessante chute ou matérialisation à venir ?

Comment la Création décrite dans la Genèse pris au sens littéral pourrait-elle satisfaire l’esprit scientifique ? De même le commun des mortels ? Seuls demeurent à notre époque le Créationnisme et l’Église ! Mais la Science se veut d’appuyer ses recherches sur des preuves et non sur des histoires à dormir debout ! La Science ne prend guère en compte le symbolisme des textes bibliques qu’elle estime abstrait et sans preuves du savoir et du faire. Cependant, l’entendement sur les choses abstraites – faisant défaut à la Science et à la plupart des représentants de la Religion, quoi qu’on en pense – pourrait être, de notre point de vue, un prolongement ou une extension de l’intelligence au sens concret. Mais tous ne disposent pas de cette extension permettant une réceptivité tant sur un plan matériel que sur un plan plus subtil.

à suivre …